Apidata

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Spécialiste du Middle Office, Apidata est une assurtech qui industrialise et sécurise les flux de données des systèmes de gestion d’assurance de personnes, en gestion directe ou déléguée. Elle propose aujourd’hui à ses partenaires assureurs d’entrer à son capital, non pas pour financer son développement mais pour préserver l’indépendance et la souveraineté de sa solution. Co-fondateurs et dirigeants d’Apidata, Christophe Burlot et Michel Ramos expliquent pourquoi.

L’Argus de l’assurance : Vous annoncez la création de la holding Via-Bi en vue de faire entrer des assureurs au capital d’Apidata. Pour financer son développement ?
Christophe Burlot : Apidata n’a pas besoin de lever des fonds pour se développer. Depuis sa création, en 2012, la société autofinance le développement de sa solution de Middle Office qui traite aujourd’hui plus de 60 millions de flux, contrôlant 3 Md€ d’opérations par an. L’objectif de Via-Bi est ailleurs : il s’agit de sécuriser la trajectoire d’Apidata, de préserver son indépendance et d’ancrer davantage cette solution d’industrialisation et d’automatisation de la gestion déléguée dans l’écosystème assurantiel.

L’Argus de l’assurance : Comment ?
Michel Ramos : En ouvrant 20 % du capital d’Apidata à nos partenaires assureurs. Nous tenons en effet à préserver l’indépendance de la société tout en rassurant nos partenaires sur la pérennité de notre solution. Pour de grands groupes d’assurance, travailler avec une assurtech de 15 salariés peut être perçu comme un risque : entrer au capital d’Apidata leur permet d’être au plus près de sa gouvernance et de ses orientations stratégiques. Ils n’interféreront pas dans sa gestion opérationnelle mais ils accompagneront son évolution.

L’Argus de l’assurance : Ce n’est pas très courant !
CB : En effet, cette proposition a surpris nos partenaires assureurs, mais elle les a aussi séduits. Les assurtech lèvent généralement des fonds pour développer leur solution et accompagner sa mise sur le marché. Nous n’en sommes plus là depuis longtemps : nous avons déjà de gros clients (Audiens, Klesia, Groupama Gan Vie, Aésio Mutuelle, le groupe Vyv…) et nous voulons continuer à autofinancer le développement de notre solution. Mais nous nous sommes mis à la place des assureurs : ils confient à une PME la gestion de données stratégiques, avec de très gros enjeux de sécurité, de conformité et de souveraineté. Nous voulons les rassurer en leur proposant cette nouvelle forme de partenariat.

L’Argus de l’assurance : Que mettez-vous derrière la notion de souveraineté, de plus en plus présente dans le débat public ?
CB : La notion de souveraineté est souvent abordée sous un angle très politique, voire nationaliste. Nous en avons une vision beaucoup plus pragmatique : est souveraine une solution dont les infrastructures et les technologies répondent à la réglementation du marché sans qu’aucune autre réglementation ne puisse interférer et autoriser le captage ou l’exploitation des données à d’autres fins que celles pour lesquelles elles ont été confiées.
MR : Toutes les technologies d’Apidata ont été développées par nos soins et nous appartiennent : nous n’avons aucune licence externe. Nous développons aussi nos propres outils d’intelligence artificielle : il est hors de question que nos méthodes ou nos documents se retrouvent dans des collections d’opérateurs d’IA. De plus, nous sommes propriétaires de nos serveurs qui sont hébergés en France : nous savons précisément où ils sont. Depuis le début, nous avons la volonté de tout maîtriser.

L’Argus de l’assurance : Il n’y a donc aucune urgence à ouvrir le capital d’Apidata. Pourquoi le faire maintenant ?
CB : Parce qu’Apidata est en train de changer d’échelle : depuis trois ans, nous travaillons avec des assureurs de premier rang qui nous confient des activités stratégiques. Nous voulons les rassurer sur la pérennité technique et commerciale de notre solution : nous avons vu trop d’entreprises innovantes changer de modèle ou faire exploser leurs tarifs après avoir été rachetées. Faire entrer les assureurs au capital d’Apidata, c’est une façon de leur dire que notre modèle est robuste : nous restons maîtres de notre stratégie mais nous voulons consolider notre avance sur le segment du Middle Office, qui permet aux assureurs de mieux piloter leurs risques et leurs résultats.

L’Argus de l’assurance : Quelles sont les prochaines étapes ?
MR : Nous sommes en train de finaliser le pacte d’associés de façon à boucler la première opération à la rentrée de septembre. Les échanges avec nos partenaires assureurs nous montrent qu’ils ont compris la philosophie de cette opération : renforcer nos liens de confiance au service de l’indépendance, la souveraineté et la pérennité.